Interventions non justifiées et risques de préjudices pour les femmes et les nouveau-nés
Contexte
Medical and surgical interventions during pregnancy, birth and the postnatal period (hereafter the perinatal period), are essential components of quality care when used appropriately, for clear clinical indications and with demonstrated evidence of benefit (1). When timely access to these interventions is available, they can be lifesaving and improve outcomes for women and newborns (2). Despite global improvement in maternal and newborn survival (3), timely access to quality sexual, reproductive, maternal, newborn and adolescent health (SRMNAH) care is not assured globally; this persistent gap is frequently described as ‘too little, too late’ (4).
At the same time, interventions are frequently used without clinical indication, contrary to evidence-based guidance, a pattern described as ‘too much, too soon’ (4). These include, but are not limited to, unindicated ultrasound scanning, continuous electronic fetal monitoring, induction of labour, caesarean birth, antibiotics, early cord clamping and use of infant formula. Such overmedicalisation is associated with worse health outcomes at population level (5). For example, the World Health Organisation (WHO) guidance states that while caesarean birth is lifesaving when indicated, population rates above approximately 10–15% are not associated with further reductions in mortality and are linked to increased short- and long-term maternal and newborn morbidities (5,6). Routine induction of labour provides an example of an intervention that shows only minimal population-level benefit for a single outcome, without full consideration of longer-term effects, including impacts on women’s experiences (7). These patterns are not without consequence.
Unnecessary intervention can disrupt normal physiology, increase the likelihood of further interventions, and contribute to short and long term physical and psychological harm. These include increased rates of unnecessary operative birth, infection, haemorrhage, neonatal respiratory complications, impaired breastfeeding initiation and negative birth experiences. Such practices also impose substantial financial and operational burdens on health systems and individuals (5-8).
Drivers include fear of litigation, health care professional’s convenience, financial and organisational incentives. They also include broader systemic pressures, including medico-legal concerns, culture, and social narratives about risk and safety, that prioritise speed and volume over safe physiological processes (8).
The normalisation of routine intervention without evidence of benefit, together with limited access to midwifery models of care and inadequate antenatal education, can reduce women and families’ confidence in the normal perinatal period. It may also limit opportunities for midwives and other health professionals to develop and maintain competencies in supporting physiological processes (9).
These concerning patterns reflect a broader erosion of women’s sexual and reproductive health and rights (SRHR). When unnecessary interventions become routine, women’s bodily autonomy becomes limited and midwives’ ability to provide safe, individualised, evidence-informed care is reduced (10).
Together ‘too much, too soon’ and ‘too little, too late’ reflect a growing polarisation in SRMNAH, highlighting inequalities and health systems’ failure to provide appropriate, evidence-informed, rights-based and woman-centred care (4).
Position
La Confédération internationale des sages-femmes (ICM) soutient que, lorsqu’elles sont justifiées sur le plan clinique, les interventions médicales pendant la période périnatale doivent être facilement accessibles à toutes, et évitées lorsqu’elles ne le sont pas.
Toutes les femmes ont besoin de soins centrés sur la femme et fondés sur les droits, qui respectent leur autonomie corporelle en facilitant la prise de décisions fondées sur des données probantes, y compris en ce qui concerne les interventions médicales.
Les sages-femmes jouent un rôle essentiel pour maintenir un équilibre entre une intervention nécessaire et la protection du bien-être physiologique et psychologique des femmes en dispensant des soins qualifiés et continus conformément à la Philosophie et au modèle de soins de pratique sage-femme.
Les systèmes de santé doivent permettre aux sages-femmes de travailler de manière autonome en partenariat avec les femmes. À savoir, soutenir les processus physiologiques, assurer la continuité des soins, faciliter la prise de décision fondée sur des données probantes et assurer un accès rapide à une intervention appropriée et à une orientation en cas de complications.
Recommendations
L’ICM demande instamment aux autorités sanitaires et aux décideurs politiques ce qui suit :
- Investir dans la formation, le recrutement, la réglementation et le maintien des sages-femmes dans la profession, en reconnaissant qu’elles sont les professionnelles de santé les plus aptes à prendre en charge les femmes tout au long de la période périnatale physiologique, en l’absence de complications.
- Élaborer, mettre en œuvre et assurer le suivi des politiques et des lignes directrices qui favorisent l’utilisation appropriée et fondée sur des données probantes des interventions médicales.
- Collecter et analyser systématiquement les données sur les taux d’intervention et les résultats pour la mère et le nouveau-né afin d’éclairer l’élaboration des politiques et la planification stratégique du système de santé fondées sur des données probantes.
- S’attaquer aux facteurs structurels à l’origine d’interventions inutiles, notamment les incitations financières et organisationnelles, et les pressions exercées par les systèmes de santé qui privilégient la rapidité et le volume des soins par rapport aux processus physiologiques.
- Garantir un accès universel aux modèles de soins assurés par les sages-femmes, y compris la continuité des soins assurés par les sages-femmes, afin de réduire les interventions inutiles et de soutenir les processus physiologiques.
- Renforcer les systèmes d’orientation et la collaboration interprofessionnelle afin que les femmes et les nouveau-nés souffrant de complications reçoivent des soins sûrs, en temps utile et conformes aux besoins.
L’ICM encourage vivement les associations de sages-femmes à :
- Plaider en faveur de réglementations, de politiques et de financements pour améliorer l’accès aux interventions appropriées et permettre un accès universel aux modèles de soins assurés par les sages-femmes.
- Promouvoir la production et la diffusion de recherches, en particulier par des chercheurs en pratique sage-femme, sur les taux d’intervention, les résultats et les facteurs déterminants.
- Plaider en faveur d’une formation initiale et continue qui permette aux sages-femmes d’acquérir les connaissances, les capacités techniques et les comportements professionnels nécessaires pour favoriser une période périnatale physiologique sûre, prendre ou suggérer des décisions fondées sur des données probantes concernant les interventions et identifier, prendre en charge et orienter rapidement les femmes et les nouveau-nés présentant des complications.
- Favoriser la collaboration avec d’autres associations professionnelles afin de promouvoir des modèles de soins interprofessionnels, sachant que la réduction des interventions inutiles dépend du respect mutuel, de la communication et de mécanismes d’orientation efficaces dans l’ensemble du système de santé.
L’ICM encourage vivement les sages-femmes à :
- Défendre l’autonomie corporelle des femmes et les aider, grâce à des soins personnalisés, à prendre des décisions éclairées, notamment en ce qui concerne les interventions pendant la période périnatale.
- En partenariat avec les femmes, soutenir les processus physiologiques, en recommandant des interventions uniquement lorsqu’elles sont justifiées sur le plan clinique et en assurant la prise en charge et une orientation rapide vers une équipe interprofessionnelle en cas de complications pendant la période périnatale.
- Faire connaître, notamment grâce à l’éducation prénatale, l’utilisation appropriée des interventions et les droits des femmes pendant la période périnatale.
- S’engager à collaborer avec d’autres professions, sachant qu’une intervention appropriée repose sur une consultation en temps utile, une prise de décision coordonnée et une orientation efficace.
- Maintenir les compétences par l’apprentissage tout au long de la vie, la pratique réflexive et le respect des normes professionnelles.
Références
- World Health Organisation (2025). WHO Recommendations on Maternal Health: Guidelines. Second edition. Geneva: WHO. https://www.who.int/publications/i/item/9789240080591
- World Health Organisation (2024). Transitioning to Midwifery Models of Care Position Paper. Geneva: WHO. https://www.who.int/publications/i/item/9789240098268
- United Nations Department of Economic and Social Affairs (2025). The Sustainable Development Goals Report 2025. New York: UN-DESA. https://unstats.un.org/sdgs/report/2025/
- Miller, S., et al. (2016). Beyond too little, too late and too much, too soon: a pathway towards evidence-based, respectful maternity care worldwide. The Lancet. 388(10056):p2176–192. https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)31472-6/fulltext
- Sandall, J., et al. (2018). Short-term and long-term effects of caesarean section on the health of women and children. The Lancet. 392(10155):p1349–57. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30322585/
- World Health Organisation (2015). WHO Statement on Caesarean Section Rates. Geneva: WHO. https://www.who.int/publications/i/item/WHO-RHR-15.02
- Haavaldsen, C., Morken, NH., Didrik Saugstad, O., Eskild, A. (2022). Is the increasing prevalence of labour induction accompanied by changes in pregnancy outcomes? An observational study of all singleton births at gestational weeks 37–42 in Norway during 1999–2019. Acta Obstetrica et Gynaecologica Scandinavica. 102(2) :p158-73. https://obgyn.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/aogs.14489
- Visser, GHA., et al. (2023). FIGO Opinion Paper: Drivers and solutions to the caesarean delivery epidemic with emphasis on the increasing rates in Africa and Southeastern Europe. International Journal of Gynaecology and Obstetrics. 163(S2):p5-9. https://obgyn.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/ijgo.15111
- Wood, J,. et al. (2025). A five-country comparison of midwifery students’ confidence in facilitating normal labour and birth. European Journal of Midwifery. 17(9). https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12532045/
- Starrs, A,. Ezeh, A,. Sedgh, G,. Singh, S. To achieve development goals, advance sexual and reproductive health and rights. The Lancet. 403(10429):p787-9. https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)02360-7/fulltext
Cette prise de position regroupe et actualise deux prises de position antérieures : « Recours approprié aux interventions pendant l’accouchement » et « Recours approprié à la césarienne », toutes deux adoptées lors de la réunion du Conseil international qui s’est tenue à Brisbane en 2005 et révisées lors de la réunion du Conseil international qui s’est tenue à Toronto en 2017.
Fusionné et mis à jour lors de la réunion du Conseil international de Lisbonne, en 2026
Prochaine révision prévue en 2029